Comprendre le genou: déchirure du ligament croisé antérieur

Qu’est-ce que c’est ? 

Tout d’abord, il faut comprendre à quoi servent nos ligaments et surtout ce qu’est le croisé antérieur. Un ligament est une bande résistante mais souple qui relie deux os dans une articulation. Le ligament joue un rôle de stabilité passive en limitant les mouvements excessifs dans des directions non désirées.

Le rôle d’un ligament ne se limite cependant pas qu’à assurer passivement la stabilité d’une articulation. Nos ligaments possèdent plusieurs terminaisons nerveuses qui sont, en fait, des récepteurs nous renseignant sur la position de notre articulation dans l’espace; ce qu’on appelle la proprioception. Ces récepteurs envoient des signaux qui voyagent par notre système nerveux en direction de notre cerveau. Suite à l’analyse de ces signaux, le cerveau envoie une commande aux muscles autour de l’articulation afin de contrôler l’articulation et éviter des mouvements excessifs qui pourraient entraîner des blessures.

Le ligament croisé antérieur, pour sa part, relie le fémur au tibia au niveau du genou. Son rôle est de limiter les cisaillements vers l’avant du tibia par rapport au fémur et, à l’aide du ligament croisé postérieur, de limiter les torsions excessives du genou.

 

Qui pourrait être touché ? 

Les blessures ligamentaires aux genoux sont des blessures fréquentes que l’on retrouve chez les sportifs de tous âges. Le ligament croisé antérieur est le ligament le plus souvent atteint par un mécanisme de blessure entraînant une torsion excessive du genou. Le ski alpin est un sport qui requiert une bonne force et un bon contrôle au niveau des genoux, et il arrive malheureusement assez régulièrement qu’une mauvaise chute entraîne une atteinte du ligament croisé antérieur. Par exemple, une blessure peut survenir lorsque le ski ne se détache pas de la botte comme il devrait le faire lors d’une chute. 

 

À quoi ça ressemble ?

Les blessures au ligament croisé antérieur entraînent donc une diminution de la stabilité passive du genou et une diminution de la proprioception.

Il y a différents grades de blessure ligamentaire (ou entorse) qui varient selon la sévérité de l’atteinte ligamentaire:

  • Une atteinte de grade 1 représente une élongation des fibres ligamentaires sans déchirure franche. Il est alors possible d’avoir de la douleur et un petit gonflement au niveau du genou. Il n’y aura pas nécessairement de sensation d’instabilité ou de dérobade du genou.
  • Une atteinte de grade 2 correspond à une déchirure partielle du ligament. Il est alors possible d’avoir un petit saignement, de la douleur et un gonflement modéré avec une certaine perte de fonction. Le genou peut sembler instable ou se dérober dans certaines situations.
  • Une atteinte de grade 3 représente une déchirure complète. Il y a alors présence d’un saignement, de la douleur et, en général, un gonflement important. Le ligament ne peut plus contrôler les mouvements excessifs du genou et une sensation d’instabilité est souvent présente.

 

Comment la physiothérapie peut-elle aider? 

Les atteintes de grades 1 et 2 sont pratiquement toujours prises en charge à l’aide de traitements conservateurs (non-chirurgicaux), comme la physiothérapie, et la chirurgie est rarement une option si l’atteinte se limite uniquement au ligament croisé antérieur. Pour les atteintes de grade 3 (déchirure complète), souvent les traitements conservateurs permettent une excellente récupération de la fonction et même le retour à plusieurs sports. Dans ces cas, les traitements en physiothérapie sont plus que souhaitables afin de rééduquer la force et le contrôle actif du genou. 

Il arrive que dans certains cas, malgré une réadaptation optimale après une déchirure complète, il persiste une instabilité importante avec des dérobades imprévisibles du genou. Dans ce cas, la chirurgie devient souvent l’option à considérer. On sait cependant que plus le genou a bien récupéré avant la chirurgie, plus la réadaptation après la chirurgie sera facilitée. Il est donc essentiel après une déchirure du croisé antérieur de bien rééduquer la mobilité, la force et le contrôle du genou, qu’une chirurgie soit envisagée ou non. 

Les évidences scientifiques actuelles nous démontrent que les traitements conservateurs, donc sans la chirurgie, demeurent les traitements de choix pour les déchirures complètes du ligament croisé antérieur. La prévention des blessures, les exercices de renforcement, d’équilibre et de proprioception sont également fortement encouragés autant en période de pré-saison que pendant la saison de sport.

 

Pour en savoir davantage, n’hésitez pas à consulter votre physiothérapeute!